Mettons du Finistère dans nos assiettes

Journée mondiale de l'alimentation

Chaque 16 octobre, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture célèbre la Journée mondiale de l'alimentation. Ce 75e anniversaire se déroule « dans un contexte exceptionnel où les pays du monde entier doivent faire face aux impacts généralisés de la pandémie mondiale du COVID-19 ».

À l’échelle du Finistère, le Conseil départemental s’engage depuis 2016 dans un projet alimentaire de territoire structuré autour de 5 défis, dans le but de favoriser les productions locales, une alimentation saine et de proximité, à un prix adapté à tous, producteurs comme consommateurs. Quelques illustrations concrètes de ces défis !

Défi 1 : connaître les dynamiques alimentaires sur les territoires

Pour mieux comprendre l’approvisionnement local des restaurations collectives, une enquête a été menée auprès des communes finistériennes sur leurs établissements scolaires, en 2020. 60% des communes ayant répondu positionnent l’enjeu de favoriser une agriculture de proximité et une alimentation de qualité comme prioritaire, mais 44% le font pour respecter la loi EgAlim, avec un coût moyen de l’approvisionnement d’1.65€ par repas. Sur les 85 communes ayant répondu, 58% considèrent que le local équivaut à la Région Bretagne, 20% se réfèrent à l’échelon départemental. Les communes les plus avancées en matière d’approvisionnement local obtiennent des pourcentages élevés de bio.

L’adaptation du plan alimentaire à la saisonnalité, une meilleure connaissance des produits locaux et des règles de la commande publique, l’implication des élus et du personnel de restauration ainsi que la mise en œuvre d’une vision globale des questions alimentaires sont les principaux leviers d’actions.

Pour lever ces freins, la plateforme Agrilocal 29 a été déployée dans le Finistère ; elle facilite la mise en relation entre les producteurs locaux et les acteurs de la restauration collective tout en sécurisant les commandes.

Défi 2 : un consommateur acteur de ses choix

Collectivité des solidarités, le Conseil départemental sensibilise, forme et informe les Finistériens et Finistériennes, de la petite enfance jusqu’aux seniors, pour qu’ils deviennent acteurs de leurs choix et comportements alimentaires.

Ce défi trouve toute sa place dans les 53 services de restauration des collèges publics, servant 2,53 millions de repas faits maison à 17 000 élèves chaque année ! Ce service est assuré par les agents départementaux, qui ont signé la Charte sur la qualité de la restauration avec pour objectifs de manger avec plaisir et équilibré des produits ancrés sur le territoire, de qualité et durable. Les établissements sensibilisent aussi les convives aux enjeux du gaspillage alimentaire, au tri et au compostage des denrées.

Constatant une augmentation de l’obésité et de la sédentarité chez les jeunes, la mise en œuvre du Programme Nutrition Collège s’articule autour de 3 axes pour améliorer l’offre nutritionnelle proposée dans les établissements et l’éducation alimentaire des élèves :

  • la formation pour les personnels techniques de restauration,  
  • la validation et le contrôle des plans alimentaires déclinés en menus équilibrés par une diététicienne de l’IREPS,
  • le programme #FoodActeur porté par l’association Défi Santé Nutrition de Brest pour guider les élèves dans leurs compositions de plateau.

 

 

Défi 3 : fédérer une diversité d'acteurs

Chaque année, les Assises départementales de l’alimentation sont le temps fort pour mettre en avant les initiatives des territoires, portées par des collectivités, entreprises, associations, particuliers... Le décryptage des politiques européennes et nationales par des experts (députés européens, sociologues, universitaires, chercheur…) permet de prendre de la hauteur sur les enjeux de l’alimentation pour aujourd’hui et demain.

Save the date : du fait du contexte sanitaire, la 4ème édition Assises de l’alimentation s’affichera sur la toile avec 3 webinaires, le jeudi 3 décembre 2020, à partir de 14h00. Rendez-vous est donné à 14h00, sur l’application Zoom, pour la conférence inaugurale « Quel système alimentaire résilient et durable ? : de la stratégie européenne « de la ferme à la table » aux réalités finistériennes ». Puis, à 15h30, les acteurs du territoire pourront participer, au choix et toujours en ligne, à un atelier technique sur l’une ou l’autre de ces thématiques :

  • Ancrage local de l’alimentation : quel rôle et quels leviers d’action pour les communes et intercommunalités ?
  • Précarité alimentaire : la parole aux jeunes Finistérien.ne.s

Défi 4 : favoriser une alimentation pour toutes et tous, issue du territoire

Accompagner les mutations nécessaires de la filière agricole et agroalimentaire pour tendre à du durable et optimiser les exploitations vis-à-vis de l’utilisation des ressources naturelles, de l’adaptation aux changements climatiques et des réponses apportées aux attentes sociétales, en termes d’alimentation locale et de qualité est le grand défi du Finistère.

Après avoir révisé ses dispositifs d’aide sur les questions agricole et alimentaire, le Conseil départemental a lancé en 2020 un appel à projets auprès des agriculteurs et agricultrices pour les accompagner dans l’évolution des changements de pratiques ; 15 dossiers ont été reçus.

Actuellement et jusqu’au 30 novembre, les collectivités peuvent répondre à l’appel à manifestation d’intérêt « agriculture et alimentation » pour recevoir des aides à financer leurs investissements. Jardins partagés, mise à disposition d’un local pour du circuit-court, projet agricole sur des terrains municipaux… Les projets d’investissement seront étudiés au cas par cas dès lors qu’ils renforcent le lien entre le territoire, la population et l’agriculture et l’alimentation de proximité, dans une démarche de développement durable.

Défi 5 : conforter l'alimentation comme vecteur social

Le Finistère est une terre de partage et de solidarité où les initiatives fourmillent pour permettre à chacun de subvenir à ses besoins. Ainsi, chaque année, ce sont plus de 3 500 000 repas qui sont distribués à environ 17 000 bénéficiaires de l’aide alimentaire (source : Banque Alimentaire).

Parallèlement, pour faire de l’alimentation un vecteur de lien social et le support de nouveaux apprentissages, centres sociaux, associations, CCAS et CDAS se mobilisent fortement. Chaque année, ces acteurs développent près d’une centaine d’actions pour le « bien manger » des publics en situation de précarité : conférences, ateliers cuisine, paniers de fruits et légumes frais solidaires, épiceries sociales, jardins partagés, glanage solidaire… À travers les chantiers d’insertion, les activités agricoles et agroalimentaires peuvent aussi être le support d’une insertion professionnelle ancrée sur le territoire : maraîchage, transformation et conditionnement de produits de la mer…

La lutte contre la précarité alimentaire est une préoccupation du Département à travers l’exercice de ses compétences variées : tarification unique de la restauration scolaire dans les collèges, attribution de chèques alimentaires dans le cadre du Fonds unique d’aide, accompagnement social par les travailleurs sociaux du Département, soutien aux associations caritatives qui distribuent des colis alimentaires et aux épiceries sociales, ateliers maraîchers d’insertion… Autant d’engagements pour permettre une équité d’accès à l’alimentation.

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