Micro-algues en 3D

© CD29 - B. Galeron

L'invisible devient visible.

Grâce au travail conjugué de la station Ifremer de Concarneau, de l’artiste Céline Lyaudet et de la société 3D CAD, les micro-algues invisibles à l’œil nu sont désormais visibles. Une véritable prouesse artistique et scientifique !

Dans la première salle du Marinarium de la Station de Biologie Marine de Concarneau, on peut lire sur le mur cette citation de Jules Verne, tirée de son roman « Vingt milles lieues sous les mers » : « La mer est tout ! Elle couvre les sept dixième du globe terrestre. C’est l’immense désert où l’homme n’est jamais seul car il sent frémir la vie à ses côtés ».

 

 

Et cette vie qui frémit peut-être infiniment petite, invisible à l’œil nu. Les chercheurs de la station Ifremer de Concarneau le savent bien pour étudier à longueur d’année le monde des micro-algues, ces premiers producteurs d’oxygène, indispensables à la respiration de la majorité des êtres vivants. « Les micro-algues sont le premier maillon de la chaîne alimentaire. Sans elles, il n’y aurait pas de vie sur la terre » explique Nicolas Chomérat, taxinomiste* de la station à l’origine de la découverte et de la description de plusieurs d’entre elles avec sa collègue Elisabeth Nézan.

Toucher du doigt la biodiversité de l’invisible

Mais pour l’équipe de l’Ifremer de Concarneau menée par Claude Le Bec, pas question de garder ces connaissances dans leur seul laboratoire : « C’est important de rendre visible notre travail et de permettre au grand public de toucher du doigt la biodiversité de l’invisible », souligne Nicolas Chomérat.

« Grâce au microscope électronique à balayage, nous pouvions déjà réaliser des photos précises, mais nous voulions aller plus loin afin de rendre ces micro-organismes palpables. C’est intéressant pour le grand public, mais aussi pour former les étudiants scientifiques » poursuit-il.

Avec l’aide du service communication d’Ifremer, l’équipe concarnoise a donc travaillé sur la reconstitution en 3D de trois algues microscopiques qu’elle a découvertes ou redécouvertes : Fragilidium duplocampanaeforme, Vulcanodinium rugosum et Métadinophysis sinensis.

Un projet 100 % finistérien

Pour cette première française, les chercheurs ont travaillé avec la brestoise Céline Lyaudet, artiste spécialisée dans la modélisation 3D et la société 3D CAD, imprimeur 3D de Landerneau.

« C’est un projet 100 % finistérien » s’enthousiasme le chercheur. Un point de vue que partage Céline Lyaudet, d’autant que la modélisation a nécessité de nombreuses rencontres : « C’est la première fois que je travaille sur un projet scientifique. On ne peut pas se contenter d’approximatif. Tout doit être rigoureusement exact. être en Finistère a grandement facilité les choses ».

D’échanges en échanges, Céline Lyaudet a réussi à reproduire fidèlement ses trois sujets même si Métadinophysis sinensis, à l’aspect incroyable, lui a donné du fil à retordre. Une fois modélisée sur son ordinateur, elle a transmis ses fichiers à Gérard Ségalen de la société 3D CAD qui a imprimé en 3D des modèles grossis près de 2200 fois.

Depuis juin et jusqu’à fin octobre, les micro-algues sont exposées au Marinarium de Concarneau dans le cadre de l’exposition « Arts et Sciences : les micro-algues font leurs stars ! » Ensuite, elles voyageront pour aller à la rencontre d’autres publics.

« Nous allons poursuivre ce travail de vulgarisation. Trois nouvelles micro-algues sont déjà en cours de réalisation, notamment les espèces toxiques emblématiques », conclut le scientifique.

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