Agrilocal 29: une plate-forme de mise en relation entre cuisiniers et producteurs locaux

Sur le pont !

La plate-forme Agrilocal 29 permet la mise en relation directe entre producteurs et restaurants de collectivités. En quelques minutes, un producteur peut répondre à la demande d’un self de collège ou d’un EHPAD et un chef de collectivité choisir l’offre d’un maraîcher ou un éleveur local pour cuisiner.

Reportage

Gilles Rivalain est producteur d’œufs bio* depuis 2012. Il est installé à Rosporden, avec ses 4 500 poules pondeuses. Jusqu’à présent, il fonctionnait essentiellement en vente directe auprès des particuliers. « Je cherchais alors d’autres débouchés ». En découvrant la plate-forme Agrilocal 29, animée par le Conseil département du Finistère, il a trouvé un moyen de réaliser simplement des ventes auprès de la restauration collective. Le collège des Sables blancsà Concarneau ou Max Jacob à Quimper, par exemple font maintenant partie de ses nouveaux clients. « Ça me donne une visibilité au niveau de la restauration collective. »
La restauration collective dans le Finistère représente 1174 établissements, allant de la crèche, à 25 couverts, à l’établissement hospitalier de 4000 couverts.

Vidéo : présentation d'Agrilocal29

Accompagner producteurs et cuisiniers

Après deux ans d’expérimentation, la plate-forme Agrilocal 29 est déployée à l’échelle départementale depuis septembre 2019. Son objectif est de mettre en relation producteurs locaux et restauration collective (collèges, EHPAD, centre hospitaliers…). Aujourd’hui, 200 fournisseurs (dont 132 producteurs et 40 artisans) et 118 acheteurs (dont 41 collèges, et 43 communes) sont inscrits sur la plate-forme. Aude Chapelle fait partie de l’équipe dédiée à créer un lien entre ces deux mondes qui ne se connaissent et ne se comprennent pas toujours. Elle est chargée de mission Agrilocal 29. « Notre problème avec les œufs frais, c’est que beaucoup de chefs refusent maintenant les “œufs coquilles“, par peur des risques sanitaires et pour des questions pratiques aussi », explique le producteur. « Notre enjeu est d’accompagner les professionnels de la restauration et les producteurs, dont les attentes et les contraintes sont différentes. Nous faisons un travail de sensibilisation auprès des cuisiniers, avec l’aide de partenaires comme Labocea ou des diététiciens. Mais aussi auprès des producteurs qui peuvent penser qu’ils sont trop gros ou trop petits pour ces marchés publics, alors que tous les cas de figure existent », complète Aude Chapelle. Au-delà de l’existence de l’outil en ligne, l’équipe du département aide à favoriser les rencontres. « Le collège de Concarneau a apprécié que Gilles Rivalain passe faire le tour de l’établissement. Agrilocal29 n’est pas qu’une plate-forme. » Quant au producteur, il se sent « valorisé de donner de la qualité aux enfants. ».

Un élan vers le local

La période sanitaire semble avoir accéléré le processus. Si pendant le premier confinement, la restauration collective a cessé de fonctionner, elle a repris ses activités depuis la rentrée de septembre. « Depuis juin et le premier confinement lié à la Covid 19, nous avons plein de nouveaux contacts de la part de collectivités. L’alimentation est un enjeu important pour les communes et les EPCI (communautés de communes). Ils cherchent à proposer une alimentation issue de producteurs locaux », explique Mélanie Siche, responsable du service agriculture, foncier, aménagement à la direction de l’aménagement, de l’agriculture, de l’eau et de l’environnement (DAAEE).
Demande des parents, mise en place des Projets alimentaires de territoire (PAT), loi Egalim, qui imposera à partir du 1er janvier 2022 aux gestionnaires de restaurants collectifs publics de proposer 50% de produits durables, dont 20% biologiques…  L’alimentation devient un enjeu important et amène la restauration collective à se tourner vers la production directe et locale. « La loi Egalim est clairement un levier pour augmenter la part du bio. Il y aura aussi une obligation d’affichage des chiffres, ce qui pourra inciter aux bonnes pratiques », ajoute Mélanie Siche.

Une aide aux agriculteurs maintenue

Le projet Agrilocal s’inscrit dans la politique agriculture et alimentation du département adoptée il y a un an. Elle s’articule autour de trois axes : projet et parcours des agriculteurs, soutien des transitions énergétiques des agriculteurs, favoriser l’ancrage local de l’agriculture et son lien à l’alimentation. L’objectif de ce dernier axe étant notamment de développer les circuits courts et rapprocher acheteurs de restauration collective et producteurs.
« Le département du Finistère a fait le choix de volontairement continuer à aider les agriculteurs, dans un contexte de loi Notre », précise Laurent Le Breton, responsable agriculture au Département. « Nous accompagnons ainsi par an 100 à 150 jeunes agriculteurs qui s’installent dans le Finistère. Un tiers des projets visent les circuits courts et un quart des exploitations bios ».

* www.lespoulesauxoeufsbio.fr

En savoir plus : www.agrilocal29.fr

Aude Chapelle, chargée de mission Agrilocal 29

« Je travaille depuis trois ans pour le projet Agrilocal 29. C’est une démarche d’animation et d’accompagnement, au-delà de l’outil numérique de mise en relation entre les producteurs locaux, les artisans et la restauration collective », explique Aude Chapelle, chargée de mission Agrilocal29 et agent départemental depuis 2011.
Travailler avec l’approvisionnement local suppose d’accompagner les pratiques des chefs de cuisine, mais aussi de permettre aux producteurs de mieux connaitre le secteur et les contraintes de la restauration collective. L’équipe d’Agrilocal 29 accompagne également les communes, les EHPAD, les collèges et plus généralement les acteurs de la restauration collective.

« Ma mission est très riche au quotidien ». Aude Chapelle effectue à la fois un travail de coordination et d’animation du projet Agrilocal 29, mais aussi des actions sur le terrain. « J’ai des contacts nombreux avec des producteurs, des organisations professionnelles et des personnels de la restauration ou leur relais au sein des équipes administratives des communes ou des communautés de communes. »
Elle apprécie la diversité des actions et des tâches quotidiennes, réalisées en lien avec la politique agriculture et alimentation du département. « Cela nous permet de construire, dans une perspective longue, des dispositifs d’accompagnement des changements et des mutations agricoles. D’apporter ma petite pierre à tous ces changements sociétaux, c’est valorisant, encourageant et enrichissant. »
Dernier point qu’elle tient à souligner : le travail en équipe. « Nous avons une super équipe et c’est un moteur quotidien ! »

Vidéo : entretien avec Aude Chapelle

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