Crise sanitaire - Journal de bord des agents du Conseil départemental # Episode 2

Rémi Le Diouris, responsable du service micropolluants organiques et animateur sécurité à LABOCEA.

En cette période de crise compliquée pour nous tous, nous vous proposons un journal de bord des agentes et des agents du Conseil départemental et de leurs missions.

Dans le cadre du PCA (plan de continuité d’activité) niveau rouge, en présence physique ou en télétravail, des agents restent mobilisés sur les missions essentielles (accompagnement social, informatique sociale, protection de l’enfance, état des routes, entretien des locaux des collèges pour l’accueil des enfants des personnes soignants notamment, assistants familiaux, SDIS….).

D’autres encore poursuivent leurs activités, par le biais du télétravail, en famille, avec les enfants, ce qui occasionne aussi des questions et des contraintes.

Vous trouverez sur notre site leurs témoignages au fil du temps de confinement, ils illustrent la présence indispensable du service public et sa mobilisation pour protéger les publics en difficulté.

Episode 2 : Rémi Le Diouris, responsable du service micropolluants organiques et animateur sécurité sur le site de Quimper – LABOCEA

Depuis les premières annonces de restriction d’activité de la part du gouvernement, LABOCEA s’est organisé pour maintenir son service public d’analyses en Bretagne, notamment en ce qui concerne la sécurité alimentaire et environnementale  en préservant la santé de ses salariés.

Rendez-vous téléphonique avec Rémi Le Diouris qui nous explique son quotidien et celui de ses collègues depuis le 17 mars.

Vous avez deux casquettes à Labocéa, responsable du service micropolluans organiques et animateur sécurité comment les articulez-vous pendant cette période ?

Depuis le début du confinement je divise ma journée en deux parties.

Le  matin je suis sur le site pendant 5h pour faire le tour des équipements, vérifier que tout est en ordre question sécurité, mettre en place les nouvelles mesures décidées la veille, répondre aux questions, veiller au moral des collègues…

L’après-midi chez moi en télétravail, je valide les analyses faites par mes collègues : il y a moins de prélèvements mais ça tourne encore bien, nous effectuons nos analyses en temps en en heure comme avant la crise. Nous avons trouvé des solutions et des réponses rapides aux nouveaux problèmes posés par cette situation.

Auriez-vous un exemple concret de ces solutions d’urgences ?

Oui, dans le plan de contrôle et de surveillance de l’alimentation nous travaillons avec la Guadeloupe pour certains paramètres. En 2 jours nous validons l’analyse libératoire : l’échantillon fait le trajet Guadeloupe via Paris et Brest en avion et ensuite il arrive en taxi réfrigéré au laboratoire. Parti  le mardi d’outre-mer , le résultat d’analyse est validé le vendredi.

Quatre personnes sont nécessaires pour cette analyse : une qui manipule les échantillons, une autre met en route les appareils de mesure (technique chromatographie couplée à la spectrométrie de masse), une personne en télétravail chez elle interprète les résultats. Je les valide en bout de course.

Justement au niveau des équipes sur place comment faites-vous ?

Nous les faisons tourner, actuellement il y a un quart des effectifs habituels dans mon équipe, habituellement nous sommes 12. Certains collègues peuvent télétravailler, notamment pour interpréter les analyses chez eux et faire avancer l’administratif.

Et côté sécurité comment êtes-vous organisés ?

Nous sommes un laboratoire de biologie donc nous avons l’habitude d’être protégés, de porter et d’enlever des gants et des masques sans danger. Nous utilisons les mêmes EPI (Equipement de protection individuelle) qu’avant.

Mais nous avons installé plus de distance entre les postes de travail, des périmètres différents et un nombre maximum de personnes par pièce de travail. Quand cela était possible les portes ont été bloquées ouvertes pour ne pas avoir à les toucher, il y a un planning de nettoyage du matériel utilisé collectivement qui est désinfecté toutes les 2h. Chaque personne qui arrive sur un poste de travail doit le trouver nickel.

Vous avez des liens avec les quatre autres sites ?

Une cellule de crise bio-sécurité se réunit régulièrement  en visioconférence à 16h30 avec les autres sites (Brest, Ploufragan, Combourg et Fougères), nous avons les mêmes problématiques à résoudre.

Une fois les réponses trouvées elles sont mises en pratique dès le lendemain, c’est important d’apporter des solutions rapides. C’est bon pour le moral, le  stress n’a pas le temps de s’installer, c’est ma mission d’animateur de sécurité de trouver rapidement des réponses adaptées.

Comment est l’état d’esprit des « troupes » en ce moment ?

Je dirais qu’il est assez serein, les gens répondent présents, nos partenaires aussi, en particulier sur la gestion de nos déchets et de nos consommables (ce qui est très important dans le circuit global).

Nous savons que nous avons une mission de continuité de service public, que les gens comptent sur nous, nous travaillons avec l’hôpital, l’ARS, les maisons de retraite… nous ne devons  pas les lâcher.

Et c’est intéressant malgré tout dans cette période difficile de voir que nous sommes capables de nous adapter, de trouver des solutions pour continuer notre activité et d’être aussi réactifs. Une équation nouvelle tous les jours à multiples inconnues qu’il faut résoudre De nouvelles organisations de travail émergent, cela va sûrement changer nos manière de faire pour l’après. Il nous faudra aussi penser au rebond suite à la crise et anticiper sa gestion.

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