Le laboratoire Labocea sur le front des tests

Sur le pont !

Si le laboratoire d’analyses interdépartemental breton Labocea effectue habituellement des analyses en santé animale, sécurité alimentaire et environnement il est, depuis le printemps 2020, engagé désormais dans la lutte contre la Covid-19. Reportage sur le site de Quimper.

Labocea mobilisé face à la Covid-19

« La Présidente du Conseil départemental du Finistère a proposé notre aide pour intervenir en appui des laboratoires de biologie médicale, offre acceptée à titre dérogatoire par le ministre de la santé Olivier Véran », indique Éric Laporte, directeur général de Labocea. « Celle-ci vient d’ailleurs d’être prolongée comme le souhaitait l’ARS Bretagne.

Nous avons dès juillet 2020 franchi le seuil des 1 000 analyses PCR par jour à l’échelle de la Bretagne, avant de dépasser les 2 000 en septembre puis plus de 3 500 par jour lors des pics d’activité » poursuit le directeur.

Les trois sites de santé animale de Quimper, Fougères (35) et Ploufragan (22) ont été mobilisés du fait de locaux et matériels adaptés et grâce à la compétence prouvée de ses personnels. Même si Labocea n’assure pas les prélèvements, il a fallu structurer l’ensemble du processus analytique spécialement pour la Covid-19.

En vidéo : reportage au laboratoire de Quimper

 

Plus de 1 000 analyses Covid par jour en Finistère

La salle P3 équipée d’ultrafiltres est en dépression par rapport aux locaux périphériques, pour éviter aux éventuels virus de s’échapper. Elle voit passer tous les jours des écouvillons naso-pharyngés contaminés par le coronavirus. Les techniciens analystes qui les prennent en charge sont équipés de combinaisons, et protégés par des masques. Ils manipulent les écouvillons au sein d’un poste de sécurité microbiologique (PSM), premier niveau de protection. C’est précisément à cette étape que le virus est neutralisé, afin qu’il ne soit plus contaminant pour celles d’extraction et d’amplification.

L’équipe de techniciens biologistes moléculaires a été renforcée par l’embauche de techniciens analystes vaccinés contre l’hépatite B, du fait qu’ils sont appelés à manipuler des prélèvements humains. Elle compte aujourd’hui 5 agents dédiés à l’activité Covid sur le site de Quimper, complétée selon les besoins par des collègues d’autres services venant prêter main-forte. « Nous utilisons les mêmes techniques que sur les prélèvements bovins ou aviaires », précise Anny Bescond, technicienne expérimentée de laboratoire.

Les résultats sont transmis aux biologistes par échanges informatiques sécurisés, dans les 24 h après réception des prélèvements, voire dans la demi-journée. Ceux-ci valident les résultats avant de les communiquer aux patients. « Ce délai court, est un engagement auquel je tiens tout particulièrement », souligne M. Laporte, car une fois le résultat connu, il n’y a plus de doute.
« C’est une organisation logistique dont tous les détails comptent précise M. Laporte.  Nos équipes travaillent le samedi ainsi que les jours fériés, en plus des jours de semaine, sur des horaires élargis, avec un total engagement au service de la santé publique ».

* Réaction de polymérase en chaîne (PCR) : technique de biologie moléculaire qui permet de détecter l'ARN, et dans le cas précis celui de la Covid-19.

Anny Bescond, technicienne de laboratoire

Agent du département mise à disposition de Labocea, Anny Bescond travaille depuis plus de vingt ans dans cette structure mutualisée d’intérêt public. Cette crise sanitaire liée à la Covid-19, elle la vit au sein même de son activité. Si les techniques de laboratoire sont les mêmes que pour ses activités habituelles (bovines, aviaires, poissons ou moules), la pression n’est pas la même « sur les analyses Covid, car il y a une attente de résultats rapides, en 24h. C’est assez stressant. »

Diplômée d’un Bac + 2 en biologie, complété d’un DU de biologie moléculaire, elle se sent particulièrement investie dans sa nouvelle mission. Avec ses collègues de l’unité Covid, elles traitent jusqu’à 1 200 prélèvements par jour sur le site de Quimper. Elles commencent une heure plus tôt le matin et se relaient le samedi, pour pouvoir traiter tous les prélèvements. Si elle accepte cet engagement exceptionnel au nom de la santé publique, elle déplore cependant les comportements de ses concitoyens : « Il faudrait qu’à l’extérieur, les gens fassent plus attention. Les gens ne se rendent pas compte de ce que l’on fait ici. ».

En vidéo : entretien avec Anny Bescond

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