Les enclos paroissiaux au patrimoine mondial de l’UNESCO

© Shutterstock – Volker Rauch

Le Département du Finistère a lancé, le 18 février 2022 à Saint-Thégonnec, la candidature des enclos paroissiaux finistériens sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

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Création d’une mission dédiée

Pour mener à bien ce projet d’envergure, le Département a mis en place une mission spécifique, pilotée par Jean-Jacques AILLAGON, ancien ministre de la Culture de Jacques CHIRAC. Cette mission doit notamment s’assurer que les sites proposés répondent tous à la définition scientifique d’un enclos paroissial. Elle a également pour objet de constituer les nombreux dossiers de candidature et de suivre les différentes étapes du projet.

Jean-Jacques AILLAGON a déjà conduit avec succès une mission similaire pour la ville de Nice qui a fait son entrée sur la liste des sites inscrits au patrimoine mondial en juillet 2021.

Un comité de pilotage qui doit porter une dynamique de territoire

Les maires des communes concernées sont étroitement associés par le Département au processus de candidature au sein d’un comité de pilotage, de même que les services de l’État, des historiens et les curés des paroisses concernées.

Mais le succès du processus de candidature repose en grande partie sur la capacité collective à mobiliser plus large. Au-delà du Département, des élus et des historiens, il s’agit de créer une véritable dynamique de territoire rassemblant associations locales engagées dans la connaissance et la valorisation des enclos, artistes et artisans engagés dans la rénovation de ce patrimoine, entreprises locales, etc. Chacun a un rôle à jouer !

Une course de fond et à étapes

Le processus de candidature est long et complexe : la durée moyenne d’une candidature à l’UNESCO est d’environ 8 ans, et chaque dossier doit franchir plusieurs échelons.

La première étape consiste à obtenir du ministère de la Culture l’inscription du site sur la liste indicative des biens français, candidats possibles à l’UNESCO. La liste actuelle comporte 22 sites.

Cette étape essentielle a été franchie en mars 2024 signifiant que la France s’engage désormais à présenter cette candidature à l’UNESCO.

En 2025, le ministère de la Culture a validé la valeur universelle exceptionnelle des enclos paroissiaux en Finistère. Cette reconnaissance porte les enclos paroissiaux de notre département à la hauteur des plus grands sites patrimoniaux et enclenche l’étude du dossier de candidature par les organismes internationaux de l’UNESCO.

Le ministère de la Culture devra ensuite évaluer deux dimensions de la candidature, chacune de ces évaluations s’étalant sur une durée d’environ un an :

  • la définition du périmètre et de la zone à protéger et à conserver, et de la zone tampon qui l’entoure ;
  • le plan de gestion présentant les actions de long terme qui contribueront à préserver et valoriser le bien.

Une fois ces étapes franchies, l’UNESCO transmettra l’évaluation et les recommandations des experts au Comité du patrimoine mondial qui se tient une fois par an au mois de juillet. Ce comité est composé de 21 pays membres de l’UNESCO. C’est lui qui se prononce sur l’inscription ou non d’un site au sein du patrimoine mondial.

Les enclos paroissiaux : un héritage historique et culturel majeur

L’enclos paroissial constitue un ensemble architectural unique au monde, composé d’une église, d’un mur d’enceinte, d’une porte triomphale, d’un échalier, d’un calvaire, d’un placître et d’un ossuaire. Le mur, limite physique et symbolique, crée une séparation entre l’espace profane et l’espace sacré de l’enclos.

Ces chefs-d’œuvre artistiques ont été construits durant l’âge d’or de la Bretagne qui, placée au carrefour des routes commerciales maritimes, a joui d’une grande prospérité au cours des XVIe et XVIIe siècles. L’activité des paysans-marchands de toile, dénommés juloded en breton, a connu son apogée à cette époque. L’activité lucrative du commerce de la toile vers les pays du nord de l’Europe bénéficiait directement au Léon, alors considéré comme l’une des régions textiles les plus importantes du royaume. L’argent retiré de ces exportations depuis les ports de Morlaix et de Landerneau finança la construction des enclos, qui mobilisait le talent de nombreux architectes, artistes et artisans.

Tout en restant conformes au modèle de l’église bretonne (plan, utilisation de la voûte en bois), les églises des enclos furent l’occasion de quelques innovations architecturales. Alors que les paroisses entraient en concurrence pour bâtir la plus belle église, la « course aux clochers » qui débuta dans les années 1570 fait naître des formes architecturales très diverses. On naviguait alors entre les formes héritées du passé comme la flèche gothique et d’autres formes plus innovantes, comme des coupoles. Mais l’art des enclos reste profondément un art de décorateur et chaque enclos raconte une histoire différente de celle de l’enclos voisin. Chaque site exprime une singularité si bien résumée dans l’expression bretonne « Kant bro, kant giz, kant parrez, kant iliz » qui signifie : « cent pays, cent manières, cent paroisses, cent églises »…

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