Ce vendredi 6 février 2026, le Département a réuni à Pleyben les assistants familiaux du Finistère afin de leur exprimer la reconnaissance de la collectivité et de faire un point annuel sur les avancées du plan d’action départemental.
À cette occasion, le Département met en lumière le quotidien et l’engagement des assistants familiaux à travers le témoignage de Sandrine et Philippe.
Assistants familiaux : un engagement au cœur de la protection de l’enfance
Le Département du Finistère a actuellement la charge d’environ 2 600 mineurs placés à la suite d’une décision de justice. Parmi eux, 1 000 enfants sont confiés à des assistants familiaux et 200 relèvent du placement familial spécialisé.
Le secteur de l’accueil familial a traversé une crise profonde, marquée par une baisse de 20 % du nombre d’assistants familiaux, alors même que le nombre de mineurs confiés augmentait en moyenne de 4 % par an depuis 2016.
Face à cette situation, le Département du Finistère a engagé en 2022 un plan d’action ambitieux, visant notamment à recruter une centaine d’assistants familiaux et à réinstaurer une relation de confiance avec les professionnels du secteur.
Retrouvez les détails et les avancées du plan d’action du Département dans cette rubrique de notre site internet
Entretien avec Sandrine et Philippe, assistants familiaux en Finistère
Philippe et son épouse Sandrine sont assistants familiaux en couple à Landerneau. Ils accueillent aujourd’hui six enfants confiés par l’Aide sociale à l’enfance et partagent leur quotidien, fait d’organisation, d’accompagnement individualisé et d’engagement. Dans cet entretien, ils racontent leur parcours, leur expérience du métier en couple et l’importance du soutien du Département pour exercer leur mission au service des enfants.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Nous sommes Philippe et Sandrine, assistants familiaux en couple et parents de trois enfants biologiques, dont un vit encore à la maison. Nous habitons à Landerneau et accueillons aujourd’hui six enfants confiés par l’Aide sociale à l’enfance.
Depuis quand êtes-vous assistants familiaux et pourquoi avoir choisi ce métier ?
Je suis assistante familiale depuis 2015, après avoir travaillé comme auxiliaire de puériculture à l’hôpital pendant plusieurs années. Après la naissance de mes trois enfants et un déménagement en Bretagne, je ne souhaitais plus retourner à l’hôpital. Le métier d’assistante familiale me permettait de continuer à accompagner des enfants, dans un cadre différent, plus individualisé.
Philippe, lui, a rejoint la profession en 2024, après une reconversion professionnelle. Ancien ingénieur aéronautique, il avait envie de quitter un cadre très conventionnel pour retrouver du sens et une forme de liberté d’action. Ce métier lui plaisait déjà, notamment pour son côté dynamique, jamais routinier, et pour l’importance du cadre familial proposé aux enfants.
Comment êtes-vous devenus assistants familiaux ?
Le parcours comprend plusieurs étapes : une demande d’agrément, des entretiens psychologiques et des visites de la PMI. Pour moi, il a fallu environ quatre mois pour obtenir l’agrément, avant d’être recruté par le Département. J’ai ensuite intégré la formation DEAF (Diplôme d’état assistant familial, cette formation permet de tisser des liens avec les collègues), ce qui permet de partager nos expériences et de prendre du recul sur les situations rencontrées. On s’amuse d’ailleurs à s’appeler entre nous les « psy-collègues ».
De son côté, mon épouse exerçait déjà ce métier depuis plusieurs années. Grâce à son parcours et à son diplôme, équivalent à la formation requise, elle n’a pas eu à repasser par l’ensemble de ces étapes, ce qui nous a permis de nous appuyer sur son expérience dès le départ.
Être assistants familiaux en couple, est-ce une force ?
Oui, clairement. À deux, nous faisons ce que l’un faisait seul auparavant. La charge de travail et la charge mentale sont partagées : organisation des déplacements, gestion du quotidien, accompagnement des enfants. Nous échangeons, élaborons et nous adaptons ensemble. Nous avons chacun une posture professionnelle différente mais complémentaire qui nous permet de nous adapter à la singularité de chaque enfant. Quand l’un a un moment de fatigue ou de doute, l’autre peut prendre le relais. C’est un vrai atout dans un métier aussi engageant.
À quoi ressemble votre quotidien ?
Notre quotidien demande une organisation très précise. Nous gérons la logistique, les rendez-vous médicaux et éducatifs, les droits de visite, l’école… Chaque enfant est différent, avec des besoins spécifiques. Nous faisons la même chose pour chacun, tout en nous adaptant à leurs profils et à leurs difficultés.
Tout le monde suit le rythme familial, mais l’accompagnement est individualisé. Chaque enfant a besoin que nous nous adaptions en permanence à ses besoins. Nous avons aussi un petit potager, qui nous permet d’allier le côté pédagogique et le plaisir de faire ensemble.
Quelles sont, selon vous, les qualités essentielles pour être assistant familial ?
L’empathie est fondamentale, aussi bien envers les enfants que leurs parents, sans jugement. Nous sommes là pour aider l’enfant, mais aussi les parents lorsque nous les croisons en droit de visite, afin que le lien puisse être maintenu.
Il faut également savoir garder une posture professionnelle en toute circonstance, travailler en équipe et ne pas rester seul. La confiance, le respect et l’ouverture d’esprit sont essentiels.
Vous accueillez des enfants en situation de handicap. Qu’est-ce que cela implique ?
Nous accueillons des enfants présentant des handicaps psychiques, souvent invisibles. Cela implique davantage de rendez-vous (pédiatre, orthophoniste, Centre médico-psycho-pédagogiques (CMPP)…), un cadre très structurant et un accompagnement encore plus individualisé. C’est un engagement supplémentaire, mais indispensable pour répondre aux besoins de ces enfants.
Quel rôle joue l’accompagnement du Département dans votre mission ?
Il est essentiel. Nous nous sentons écoutés, soutenus et intégrés à une équipe pluridisciplinaire. Notre responsable d’unité principalement et les temps de formation permettent de maintenir du lien et de ne pas rester isolés. Sans ce travail d’équipe et cet accompagnement, nous ne ferions pas ce métier.
Assistant familial, pourquoi pas vous ?
L’assistant familial accueille à son domicile des enfants qui ne peuvent pas rester vivre au sein de leur propre famille. Son rôle est de leur offrir des conditions de vie chaleureuses, tout en prenant en compte leurs besoins physiques, affectifs, éducatifs et relationnels.
Travaillant en équipe avec les professionnels de la protection de l’enfance, l’assistant familial accompagne l’enfant ou l’adolescent dans son développement, l’aide à retrouver un équilibre et à construire progressivement son autonomie.
Pour en savoir plus sur ce métier et les étapes pour devenir assistant familial rendez-vous dans cette rubrique de notre site internet