Face à l’accélération du changement climatique et à l’accroissement des besoins en eau, le Département du Finistère et la Préfecture ont lancé en octobre 2022 le plan d’action Finistère eau potable, pour sécuriser l’alimentation et lutter contre le gaspillage, dans une démarche collective et responsable.
L’eau est précieuse, préservons-la !
Le changement climatique s’accélère et produit des effets dramatiques : augmentation des risques de submersion marine, de tempêtes et d’incendies, inondations et sécheresses plus fréquentes, tensions sur la ressource en eau et réduction de la biodiversité. La situation exceptionnelle de 2022 a engendré de fortes tensions en matière d’approvisionnement en eau potable dans tout le Finistère. Le déficit des ressources en eau dans notre département a été estimé à au moins 10 millions de m3 pour éviter les ruptures d’alimentation en eau potable, à moyen terme, à rapporter à une production annuelle de 65 millions de m3.
D’ici 30 ans, la température moyenne aura augmenté de 1,5 °C à 2 °C, tandis que les débits des cours d’eau devraient diminuer de 10 % à 30 %. Or notre ressource en eau repose principalement sur l’eau de surface. La faible capacité de stockage de l’eau dans les sols, liée à leur nature géologique, ne permet pas de retenir la pluie dans de grandes nappes phréatiques. En Bretagne, la pluie ruisselle sur le granite jusqu’à la mer. C’est la raison pour laquelle le Finistère est plus vulnérable que d’autres départements aux épisodes de sécheresse.
Face à ces enjeux, le Département et la Préfecture ont lancé en octobre 2022 le plan Finistère eau potable afin de changer l’approche de la gestion de l’eau, amplifier et accélérer le rythme de l’action publique. Construit en lien avec l’Agence de l’eau Loire-Bretagne et l’ensemble des partenaires, au premier rang desquels les producteurs d’eau, ce plan d’action vise à sécuriser l’alimentation en eau potable du Finistère. Pour cela, il s’articule autour de trois objectifs majeurs : réduire la consommation, sécuriser la production et consolider le pilotage.
Les objectifs du plan Finistère eau potable
1. Réduire la consommation
Le Département a identifié des actions permettant de stabiliser, voire de diminuer la consommation d’eau potable par habitant.
Améliorer la performance des infrastructures. Dans le Finistère, le réseau d’approvisionnement en eau potable est vieillissant. Le Finistère consomme 82 % de l’eau qu’il produit, ce qui signifie que 18 % des 65 millions de m3 produits chaque année sont perdus, principalement dans des conduites fuyardes. L’entretien et le renouvellement du réseau sont donc cruciaux. La performance des infrastructures peut également être améliorée en maîtrisant la pression dans les réseaux à l’aide de stabilisateurs, ou en identifiant les fuites grâce à la pose de compteurs plus nombreux.
Maîtriser les consommations industrielles, agricoles et domestiques. Le prix moyen de l’eau dans le Finistère est de 5,04€/m3 (la part eau potable représente 2,37€/m3). L’augmenter permettrait de sensibiliser les Finistériens aux enjeux de l’eau, de maîtriser davantage les consommations et d’augmenter l’investissement dans le renouvellement des infrastructures. Par ailleurs, le Département engage régulièrement des campagnes de sensibilisation. Il distribue gratuitement des équipements pour les ménages finistériens, comme des kits d’économie d’eau. Il apporte également un appui méthodologique auprès des industriels, des agriculteurs ou encore des campings pour limiter leur consommation.
Réutiliser les eaux usées traitées. Le Département accompagne techniquement et financièrement les collectivités qui portent des projets de réutilisation des eaux usées traitées et de valorisation des eaux pluviales. Elles peuvent également servir au nettoyage des voiries ou encore à l’arrosage des espaces verts.
2. Sécuriser la production
Le Département agit pour renforcer la disponibilité de la ressource en qualité et en quantité.
Préserver la qualité de nos ressources. Le Département soutient techniquement et financièrement les collectivités chargées de la gestion de l’eau potable. Il œuvre à préserver la qualité de la ressource en accompagnant la modernisation et la reconstruction des usines de traitement. Dans le cadre de son plan 500 000 arbres, le Département favorise la plantation d’arbres près des zones de captage, pour préserver l’eau et la biodiversité.
Accroître nos capacités de stockage. Le Finistère dispose de trois grandes retenues d’eau stratégiques, d’un total de 23 millions de m3, pour approvisionner le territoire : le lac du Drennec, le lac Saint-Michel à Brennilis et la retenue du Moulin Neuf à Pont-l’Abbé. Des études sont en cours pour optimiser leur gestion, afin de disposer de retenues remplies en début d’été.
En parallèle, le Département a lancé le plan carrières pour accroître nos capacités de stockage. Ce plan, salué au niveau national, identifie des carrières d’intérêt départemental, disponibles à court ou moyen/long terme, afin de pouvoir stocker davantage d’eau brute pendant l’hiver, quand les cours d’eau débordent, pour la restituer en période d’étiage. Six sites ont été identifiés dans des zones clés du département, représentant près de 6 millions de m3. La carrière de Menez Molve, à Berrien, dans les Monts d’Arrée, est la première achetée par le Département en 2025. Elle représente un volume de stockage d’1 million de m³. À plus long terme, 15 carrières supplémentaires, encore en activité, présentent un potentiel supérieur à 50 millions de m3. L’enjeu est de retenir les plus intéressantes.
Créer des « autoroutes de l’eau » entre les territoires. Connecter les territoires entre eux est primordial pour permettre le partage des ressources en eau en cas de besoin. L’objectif est donc de mettre en œuvre de véritables « autoroutes de l’eau », qui connectent les syndicats de production entre eux et renforcent la résilience du système. Ils traduisent en actes le principe de solidarité qui doit prévaloir pour l’accès à l’eau potable. Par ailleurs, le Département accompagne financièrement les communes dans leurs projets d’eau potable et d’assainissement, dans le cadre du Pacte Finistère 2030.
3. Consolider le cadre et les outils du pilotage
La sécheresse de l’été 2022 a fait apparaître des lacunes dans le cadre du pilotage, avec de nombreux acteurs qui ne se coordonnaient pas toujours entre eux, et des outils de pilotage très rudimentaires au regard des enjeux.
Poser un nouveau cadre de gouvernance. Le Département a lancé la révision du Schéma départemental d’alimentation en eau potable (SDAEP) qu’il anime depuis 2014. Il s’agit de réaliser un diagnostic sur les besoins et les ressources à l’échelle du Finistère et d’identifier les investissements prioritaires pour répondre aux déséquilibres et aux vulnérabilités.
Par ailleurs, une charte d’engagement départementale a été signée le 23 juin 2025 à Pleyben par les collectivités finistériennes et les acteurs de l’eau. Elle symbolise l’engagement de chacun pour atteindre les objectifs du plan d’action Finistère eau potable.
Investir dans le développement de nouveaux outils prédictifs. Pour mieux suivre les ressources, les productions et les consommations d’eau potable, le Département s’est doté d’un modèle prédictif. Cet outil permettra de mieux prévenir les crises en gérant la ressource avec plusieurs semaines d’avance, et non pas plusieurs semaines de retard.
Amplifier l’information des citoyens. Le Département se mobilise pour informer en toute transparence les Finistériens et les acteurs de l’eau sur la gestion de la ressource en eau, l’avancement du plan d’action Finistère eau potable et sensibiliser au gaspillage. Il édite un bulletin d’informations, publié chaque mois d’avril à octobre, et il développe un site web dédié à cette thématique, qui sera opérationnel en début d’année 2026.