Crise de la pêche : le Département mobilisé

© CD29 – B. Galeron

La pêche, pilier de l’économie finistérienne, traverse une crise sans précédent. Face à cette situation, le Département continue de se mobiliser pour soutenir la filière et préserver son avenir.

La filière de la pêche en Finistère représente 96 ports, 542 navires, des milliers d’emplois liés aux produits de la mer (pêche, transformation) et 144 millions d’euros de chiffre d’affaires pour les ventes sous criée, soit 25 % de la pêche française. C’est un pilier de l’économie de notre territoire.

Or, elle traverse une crise majeure, qui a des causes multiples : la hausse structurelle des prix du gazole qui grève la compétitivité des armements, le vieillissement de la flotte entravée par des marges trop faibles et des règles administratives dépassées, le durcissement des réglementations de toute nature qui jettent l’opprobre sur une filière qui travaille dur, et le départ à la retraite de nombreux professionnels. Pourtant, c’est une filière d’avenir !

Trois raisons de soutenir la pêche

Réindustrialiser le pays.
La pêche est une filière industrielle dépositaire d’un savoir-faire unique, qui crée des milliers d’emplois dans des villes de toutes tailles, mais qui se bat à armes inégales contre des modèles industriels étrangers fondés sur la concurrence déloyale et la destruction de l’environnement.

Préserver notre environnement.
La pêche française n’est pas parfaite, mais elle est la plus écologique quand on la compare à ses concurrentes mondiales : sur le plan de la préservation des ressources en raison des quotas qui l’encadrent ; sur le plan des engins de pêche, où elle avance avec les scientifiques pour bâtir une pêche plus sélective pour les espèces et moins invasive pour les fonds marins ; sur le plan de l’empreinte carbone, puisque chaque tonne de poisson débarquée en France évite autant d’importations.

Restaurer notre souveraineté alimentaire.
Aujourd’hui, 75 % du poisson consommé en France est importé, une proportion qui augmentera si notre pêche venait à disparaître. Soutenir la pêche, c’est contribuer à assurer notre souveraineté alimentaire.

4 initiatives mises en œuvre par le Département pour défendre la pêche

Un plan d’investissement de 116 M€ sur 10 ans pour moderniser les infrastructures.
Principal financeur du Syndicat des ports de Cornouaille (SMPPC), le Département met en œuvre, avec la Région, les communautés de communes et la CCI, un plan massif de modernisation des ports et des criées de Cornouaille, laissés à l’abandon depuis de nombreuses années. L’enjeu de ce plan, doté d’une enveloppe de 116 millions d’euros sur 10 ans, est d’offrir à la filière des infrastructures parmi les plus compétitives de France.

Concrètement, 6 millions d’euros viennent d’être mobilisés pour rénover les criées du Guilvinec, de Loctudy et d’Audierne. Des panneaux photovoltaïques seront installés pour améliorer la performance économique et environnementale des criées. À Concarneau, la rénovation de la criée est en cours pour un montant de 3,9 millions d’euros. Les nouveaux locaux seront livrés en juin prochain. De nouveaux pontons sont installés pour la petite pêche à Douarnenez (334 000 €), Loctudy (525 000 €), Lesconil (330 000 €).

Enfin, d’autres opérations d’ampleur sont à l’étude, comme à Douarnenez avec la modernisation des infrastructures liées à la construction navale, soit un investissement d’environ 15 millions d’euros.

La défense des pêcheurs dans le golfe de Gascogne.
En 2024, le Département a défendu les pêcheurs impactés par la fermeture de la pêche dans le golfe de Gascogne en formant un recours au Conseil d’État. Aux côtés des Départements de Vendée et du Morbihan, il conteste la restriction hivernale de l’activité de pêche instaurée en 2023. Cette mesure fragilise une filière déjà en crise, avec des conséquences socio économiques majeures, et un accroissement des importations de poisson étranger qui est mauvais pour l’environnement.

Le Département veut démontrer que d’autres solutions sont possibles, notamment en accélérant l’équipement des navires avec des dispositifs d’éloignement des cétacés. Le Département du Finistère a ainsi posé les bases d’une coalition de collectivités locales en défense de la pêche.

La mobilisation pour des quotas justes.
En 2025, le Département du Finistère continue de demander à l’État une répartition juste des quotas de pêche. Après la perte de 22 grands navires en 2023 du fait du plan de sortie de flotte mis en place après le Brexit et qui a beaucoup pénalisé le Finistère, il a demandé et obtenu de l’État que ces pertes soient prises en compte dans l’attribution des quotas aux navires finistériens pour l’avenir.

Cette répartition est essentielle pour limiter les conséquences sur l’économie locale, notamment sur les criées, le mareyage et les services associés. Oui aux quotas qui préservent la ressource mais avec une juste répartition entre les ports français !

Le soutien face à la hausse des cours du gazole.
En février 2025, sous l’impulsion de Maël de Calan, 16 présidents de Départements et de Régions ont écrit au Premier ministre pour lui demander le maintien des aides au gazole.

En 2024, deux aides avaient été mises en place : une remise de 20 centimes par litre accordée par l’État et une remise de 13 centimes par litre accordée par les pétroliers. Ces mesures étant arrivées à échéance, le Département s’est mobilisé pour demander leur prolongation, en attendant des solutions efficaces permettant la décarbonation de la flotte.

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